Un géant discret : géographie et histoire de la Hardt
La Hardt couvre une surface de près de 13 000 hectares (Source : ONF), ce qui en fait la plus grande forêt d’Alsace de plaine, et la deuxième plus vaste forêt domaniale du Grand Est, après celle d’Orient. Sa silhouette s’étend de Hombourg à Ottmarsheim, longeant la frontière avec la Suisse, tout au long de la vallée rhénane.
La Hardt est longtemps restée une terra incognita, repoussée car jugée inhospitalière : son sol caillouteux et sableux (vestige du lit du Rhin il y a plusieurs milliers d’années) rendait l’agriculture difficile. C’est ainsi que la forêt s’y est maintenue, contrairement à d’autres territoires massivement défrichés dès le Moyen Âge.
L’histoire humaine n’a toutefois pas manqué d’imprégner la Hardt. Son bois a servi à la construction de l’abbaye d’Ottmarsheim au XIe siècle, plusieurs batailles et épisodes militaires eurent lieu dans ses sous-bois, de la guerre de Trente Ans à la Seconde Guerre mondiale (Source : Archives départementales du Haut-Rhin). Mais la forêt a surtout servi de refuge : contrebandiers, fugitifs, voire ermites – tel le mystérieux “Saint de la Hardt”, figure semi-légendaire du XVIIIe siècle, y trouvèrent abri.
