L’itinéraire emblématique : la Route des Vins d’Alsace en mode cyclo-tourisme

Certains paysages se méritent. La Route des Vins fut la première route des vins créée en France, en 1953 (laroutedesvins.alsace). Aujourd’hui, plus de 2 500 kilomètres de pistes cyclables et voies vertes s’entrelacent en Alsace, dont de larges portions épousent fidèlement la route mythique.

  • L’itinéraire principal : La “Véloroute du Vignoble” (EuroVelo 5) relie Marlenheim à Thann sur environ 130 kilomètres. Son trajet longe les Grands Crus, passe par des villages emblématiques (Riquewihr, Eguisheim, Ribeauvillé) et s’offre de régulières incursions en pleine nature (EuroVelo).
  • Accessibilité : L’essentiel du parcours est composé de petites routes tranquilles et de pistes cyclables sécurisées. Quelques tronçons sont plus sportifs autour de Barr ou Husseren-les-Châteaux, mais la majorité reste accessible aux familles et aux cyclistes occasionnels.
  • Dénivelé : Le dénivelé cumulé sur l’ensemble de la Véloroute du Vignoble atteint 1 300 mètres. Les ascensions demeurent progressives, loin des cols alpins, mais offrent leur lot de points de vue.

Ce parcours peut se décliner en plusieurs étapes, à adapter selon la forme ou l’envie de s’attarder dans une cave, un atelier ou autour d’un marché paysan. De nombreux hébergements “Accueil Vélo” jalonnent l’itinéraire (plus de 300 sur toute l’Alsace, selon l’Agence d’Attractivité de l’Alsace).

Balades à vélo coup de cœur sur la route : suggestions pour tous les goûts

  • Colmar – Eguisheim – Turckheim :

    Un tour de 30 à 40 km, facile, qui sillonne les vignes du Haut-Rhin. On y découvre Eguisheim, classé parmi les “Plus Beaux Villages de France”, et la cité médiévale de Turckheim, connue pour sa ronde du veilleur de nuit. Sur le chemin, les cigognes ne sont jamais loin.

  • Barr – Andlau – Mittelbergheim :

    Cette boucle d’environ 25 km prend de la hauteur. Mittelbergheim, site classé, offre un panorama sur la plaine, tandis qu’Andlau révèle son abbatiale et ses traditions viticoles. Idéale pour un pique-nique au bord du Kirchberg.

  • Strasbourg – Obernai :

    À la journée (environ 35 km), on part de la capitale alsacienne par la piste cyclable du canal de la Bruche, avant d’arriver à Molsheim et se hisser doucement jusqu’à Obernai, ville fortifiée, et son marché alsacien réputé.

Un service de location de vélos électriques s'est étoffé depuis 2019, notamment à Kaysersberg ou Barr. Cela démocratise désormais l'accès aux reliefs pour les moins avertis.

Randonnées : sentiers de crêtes, circuits thématiques et chemins de traverse

Si la route se prête si bien au vélo, c’est aussi parce qu’elle épouse des collines faciles à apprivoiser à pied. Chaque village conserve des sentiers balisés, souvent entretenus par le Club Vosgien (près de 17 000 kilomètres de sentiers en Alsace – Club Vosgien).

Les “Sentiers Viticoles” : à la fois balade et découverte

Plus d’une trentaine de sentiers balisés dits “sentiers viticoles” existent sur le parcours, souvent jalonnés de panneaux explicatifs sur les cépages, la géologie ou les traditions locales. Les durées varient de 1h à 4h.

  • Dambach-la-Ville : Circuit de 7 km à travers trois Grands Crus et une biodiversité remarquable : on y croise des orchidées au printemps.
  • Zellenberg : Boucle de 5 km offrant un superbe panorama sur le vignoble et la plaine d’Alsace. À faire en soirée pour le coucher du soleil sur la forteresse.
  • Gueberschwihr : L’un des plus pédagogiques, il détaille le travail du vigneron au fil des saisons (pancartes trilingues).

Au fil des crêtes : immersion nature sur les hauteurs

  • Le sentier des trois châteaux (Eguisheim – Husseren-les-Châteaux) :

    6 à 10 km selon la variante. Vue circulaire sur la plaine et le vignoble ; possibilité de bifurquer vers le château du Hohlandsbourg. Un itinéraire apprécié à l’automne, lorsque les feuillages dorent les collines.

  • Le mont Sainte-Odile :

    Depuis Ottrott ou Barr, un chemin escarpé permet de rejoindre ce haut lieu spirituel, point culminant du Piémont vosgien (764 m). Là-haut, la vue sur le vignoble est saisissante, et le sentier du mur païen dévoile des mystères archéologiques.

Un fait peu connu : le nombre de visiteurs des itinéraires pédestres sur la Route des Vins a plus que doublé en dix ans, passant de 650 000 à 1,4 million de randonneurs annuels selon l’Observatoire régional du tourisme 2022.

Conseils pratiques et astuces locales

  • Périodes idéales : L'automne (vendanges mi-septembre à début octobre) est magique pour les couleurs et l’ambiance, mais l’affluence y est plus forte certains week-ends. Mai-juin offrent aussi un climat doux, un vignoble verdoyant et une affluence modérée.
  • Matériel : Choisir un vélo avec de bons pneus route pour la Véloroute ; pour les circuits pédestres, chaussures basses antidérapantes suffisent pour la majorité des itinéraires. Prévoir eau et protection solaire (le piémont alsacien est l’un des plus secs de France, avec 500 à 650 mm de précipitations annuelles – Météo France).
  • Transports : Trains TER fréquents entre Strasbourg, Colmar et Mulhouse : de nombreuses gares sont à proximité immédiate de l’itinéraire (Sélestat, Ribeauvillé, Rouffach…). Les trains acceptent les vélos gratuitement en dehors des heures de pointe.
  • Accueil sur le parcours : Des aires de pique-nique et points d’eau aménagés dans pratiquement chaque village ; marchés spécialisés (organisés en juillet-août au fil du parcours) pour ravitailler son panier de produits locaux.

Le respect des lieux est essentiel : la traversée des rangs de vigne est généralement interdite en dehors des sentiers officiels, notamment pour protéger le travail des vignerons au printemps et pendant la maturité du raisin.

Pépites hors-normes : quand l'itinéraire croise l'histoire et l'humain

  • Histoire : La fameuse “Route des Vins” fut conçue dès 1953 pour relancer l’artisanat après la guerre, mais elle superpose aussi l’itinéraire de l’ancienne voie romaine qui reliait Argentoratum (Strasbourg) à Augusta Raurica (Bâle). Certains tronçons, autour de Hunawihr ou Scherwiller, suivent encore le tracé antique (source : “La Route des Vins d’Alsace”, éditions du Signe).
  • Rencontres : Des marchés nocturnes comme à Barr ou Obernai en été, où producteurs, potiers, et musiciens animent les ruelles. L’occasion de gouter le fameux pain d’épices artisanal ou de discuter avec un vigneron au détour de sa cave.
  • Nature et patrimoine : Réserve naturelle de l’Illwald près de Sélestat : entre vignes et forêts alluviales, il arrive qu’on croise cigognes, chevreuils et même des troupeaux de vaches Highland !

Vers d’autres explorations : inspiration pour prolonger l’aventure

Si les itinéraires classiques traversent villages et vignes, il existe nombre de variantes pour prolonger la découverte : vers les ballons vosgiens, à l’assaut d’un château médiéval oublié, ou le long d’une “route du fromage” qui complète la palette d’émotions gastronomiques.

Explorer la Route des Vins d’Alsace à vélo ou en randonnée, c’est conjuguer découverte sensorielle et immersion historique. Chaque itinéraire dévoile une facette différente de l’Alsace : nature intacte, traditions vivantes, accueil de caractère. Des chemins pour marcher, pédaler et, surtout, regarder autrement ce territoire en mouvement.

En savoir plus à ce sujet :