Autour du Grand Ballon : sommets et mystères
Point culminant des Vosges (1424 m), le Grand Ballon abrite un paysage de chaumes, de forêts de hêtres et d’épicéas, et des tourbières relictuelles. Le sentier des crêtes (GR5) offre des panoramas spectaculaires et — pour qui sait ouvrir l’œil — des rencontres étonnantes :
- Chamois : L’espèce est réapparue dans les années 1950. Surtout visibles tôt le matin ou le soir, notamment sur les pentes du Steinlebach ou près du Markstein.
- Lynx boréal : Discret, il a été récemment photographié grâce à des pièges-photos sur le massif, après avoir disparu au XIXe siècle (Sources : Office français de la biodiversité, Alsace Nature).
- Orchidées des chaumes : D’avril à juillet, plusieurs espèces fleurissent sur les pelouses d’altitude, dont la rare orchis sureau.
Période idéale : mai à septembre. Privilégier les matinées ou fins de journée pour l’observation.
La réserve naturelle de la Petite Camargue Alsacienne : un écrin d’eau et de vie
Au sud de Mulhouse, la plus ancienne réserve naturelle de France métropolitaine — 904 hectares — retrace l’histoire du Rhin sauvage d’autrefois, avec ses étangs, roselières, bois flottés et prairies inondables. Baladez-vous sur les sentiers balisés (sentier des observatoires, sentier du Grand Canal), équipés de postes d’observation.
- Oiseaux migrateurs : Près de 350 espèces recensées, dont la gorgebleue à miroir, la cigogne noire, le héron cendré, la spatule blanche, pour n’en citer que quelques-unes.
- Libellules et amphibiens : Plus d’une quarantaine d’espèces de libellules, parfois rares (agrion orangé, cordulie splendide). Les mares sont riches en grenouilles, tritons, salamandres.
- Plantes insoupçonnées : La fritillaire pintade, à la clochette violette damier, rare en France, subsiste ici en petites populations.
Période idéale : mars à juin pour les oiseaux nicheurs et la floraison printanière ; août-septembre pour les migrateurs.
Plus d’informations et cartes détaillées : Site officiel de la Réserve Naturelle.
Le Ried central : royaume des cigognes et des grandes prairies humides
Entre Colmar et Strasbourg, le Ried s’étend sur une zone inondable, jadis façonnée par les crues du Rhin. Balades plates et accessibles, propices à la découverte de la faune au rythme de l’eau.
- Cigogne blanche : Symbole de l’Alsace, elle niche sur les toits et dans les arbres au printemps. Plus de 900 couples recensés en 2023 selon la LPO : un retour remarquable après leur quasi-disparition en 1976.
- Hérons, vanneaux, milans noirs : De nombreux oiseaux aquatiques peuplent les prairies et roselières des environs de Sélestat (notamment la Réserve Naturelle de l’Ill*Wald).
- Papillons et insectes : Prairies riches en papillons dont la mélitée orangée, le nacré de la ronce, ainsi qu’une importante diversité de coléoptères et de sauterelles.
Période idéale : avril à juillet pour l’observation des oiseaux nicheurs et la floraison, mais la zone offre de beaux spectacles toute l’année (crues, migrations…).
La forêt de Haguenau : un poumon vert méconnu
Troisième plus grande forêt domaniale de France, la forêt de Haguenau (21 000 ha) propose de longues traversées sous les pins sylvestres, les chênes et les hêtres.
- Pic noir et pic mar : Espèces forestières emblématiques, dont le célèbre pic noir, reconnaissable à sa crête rouge (meilleure observation entre mars et mai).
- Chevreuils, renards : Faciles à surprendre à l’aube ou en fin d’après-midi, surtout en lisière de clairières.
- Lichens et champignons : Sur les vieux troncs et en sous-bois humides, diversité exceptionnelle observée à l’automne (cèpes, bolets, trompettes-de-la-mort).
Période idéale : toute l’année, selon ce que l’on cherche (oiseaux nicheurs au printemps, champignons et couleurs en automne).
Plus d’informations : Office National des Forêts
Le Jura alsacien : trésor botanique et alpages à perte de vue
A la pointe sud de l’Alsace, derrière Ferrette, les reliefs du Jura alsacien offrent une mosaïque de pelouses, forêts et falaises calcaires. Un espace encore confidentiel et d’une incroyable richesse botanique.
- Orchidées sauvages : Plus de 35 espèces sur les prairies thermophiles au printemps (dont orchis singe, ophrys mouche, orchis militaire).
- Circaète Jean-le-Blanc : Grand rapace migrateur, souvent visible en été en chasse de serpents au-dessus des crêtes.
- Lézard vert : Espèce méridionale, aux couleurs éclatantes, profitant des chaos rocheux réchauffés par le soleil.
Période idéale : avril à juillet pour la floraison des orchidées et l’observation des oiseaux.
Cartes et descriptifs : Association Jura Alsacien